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- chapitre 19 -
Après le SI élargi et avant le congrès, tous les coups sont maintenant permis pour les factionnistes.

Le SI élargi a donc sanctionné à son tour le dessaisissement du SI et du BI de son rôle d'organe central chargé de proposer un bilan et des orientations d'activités au profit de la CI. Le SI essaie de tirer un bilan de la réunion qui vient d'avoir lieu. Contrairement à la majorité de ses membres qui ne comprennent toujours rien à ce qui se passe, Peter est bien conscient de la partie en cours et des avancées que chaque coup lui procure :

SI du 22/03/2001

Peter : "Enfin, quand Juan dit que je m’appuie sur des conclusions qui ne sont pas encore données par la délégation, pour donner son point de vue sur le fait que le SI s’est trompé. Le SI défend que le tissu organisationnel de Paris a été assaini, et si la délégation dit que la situation est grave, quelle que soit la validité des éléments que j’ai avancés, il y a des problèmes sérieux dans le tissu organisationnel de la section Nord. C’est ce que dit la délégation d’ores et déjà. Olivier a dit que ça s’est dégradé depuis décembre. Moi je ne pense pas que le problème soit apparu que depuis décembre. La présentation du BII [du bulletin international rédigé par le SI] est en contradiction avec ce qu’a déjà dit la délégation [la CI]. La moindre des choses dès à présent est que le SI prenne en compte ce que la délégation a dit, sinon déconsidération du SI. L'introduction du BII est un peu faible sur la question de la mise au point quand il dit que le SI n’est pas d’accord avec le camarade Juan, ça va de soi. Il aurait du prendre position contre les arguments de Juan."

[Pour lui, c'est clair, l'orientation de l'organisation n'est plus de la responsabilité du SI et du BI, mais de la CI. Et exclusivement de la CI. Peter y ajoute même une menace (la déconsidération) contre ceux qui ne voudraient pas suivre cette « orientation ». Il y a là un rejet de toutes les règles organisationnelles du CCI et de sa conception générale de son unité et de sa vie politique.]

Il convient de relever aussi comment un désaccord politique est compris et présenté par Peter comme une question de considération ou de déconsidération d'un organe ou de militants (cf. chapitre 18 sur la possible "déconsidération" de Juan). Cette conception n'a rien à voir avec la conception prolétarienne du débat et de la clarification politiques mais correspond bien plus à une conception individualiste petite-bourgeoise. L'intérêt pour la réputation individuelle de chacun, à commencer par la sienne propre, révèle la préoccupation première de sa propre place et de son propre rôle dans le processus collectif de l'action communiste plutôt que le souci premier de cette action collective au profit de laquelle l'individu apporte et développe ses capacités. Cette vision renvoie à une vision individualiste, et donc aussi élitiste, du militant communiste (cf. le chapitre 11) et les théorisations, encore à venir à ce moment-là, de Peter. Nous avons déjà vu, et nous allons encore voir que cette vision s'accompagne de véritables campagnes de calomnies et de portraits psychologiques contre les militants visant à les déconsidérer et les calomnier.

1 - Les questions sur l'attitude troublante de Bruno

Assurée du succès de son "coup d'Etat rampant", la faction liquidationniste va maintenant abattre ses cartes les unes après les autres sans plus se préoccuper de cacher sa politique secrète et manœuvrière passée. Les notes du SI de mars et d'avril jusqu'au congrès viennent confirmer tout ce que nous avons mis en évidence depuis le début de cet historique. L'intérêt est que ce sont leurs auteurs qui révèlent sans fard maintenant leur magouilles. Plus même, ils s'en revendiquent et ils vont finir par les justifier au nom de la lutte contre le supposé clan et par les théoriser après le congrès dans un Texte d'orientation sur la confiance qui, nous n'en doutons pas, restera fameux dans l'histoire du mouvement ouvrier (1).

SI du 22/03/02

Elise qui répond à Peter sur le bilan du SI élargi : "Le désaccord fondamental est la politique du SI envers le SE et la CE de RI. Il faut poser cette question en matière de construction de l’organisation. Peut-être qu’il y a eu des erreurs. Ce qui m’étonne c’est quand tu [Peter] dis au SI élargi que c’était les textes de Bruno qui t’avaient ouvert les yeux alors que les textes de Bruno ne traitent pas de cette question de la politique du SI. Mais [les textes de Bruno abordent] des tous petits détails pour montrer qu'il y a du suivisme, du démocratisme, etc. Il fait toute une polémique sans aucune critique de fond sur la politique du SI en matière de construction d’organisation. Je ne pense pas qu’à l’origine, c’était la même préoccupation. Il y a là un hiatus. Bruno n’a pas exprimé que le SI a utilisé des arguments et des faits faux. Je ne vois pas de lien direct entre les deux. Donc je me pose des questions."

[Elise qui est membre de la CI, vit sans doute à ce moment une contradiction personnelle très forte, entre sa conviction politique et son vécu au sein du SI d'une part, et le combat politique au sein de la CI d'autre part qu'elle n'assume pas, prisonnière qu’elle est de la vision personnalisée, individualiste, psychologique, culpabilisante, "clanique" qui règne au sein de cette commission. Il lui arrive encore par à-coup de pencher du côté du terrain politique. Et ce sont des questions graves et lourdes sur l'attitude de Bruno qu'elle pose alors.

Sur quoi fonde-t-elle ses questions ? Dans cette intervention, elle souligne la duplicité de Peter qui affirme son accord avec Bruno sur la base de textes qui parlent d'autres choses que de la politique du SI. C'est la preuve que Peter et Bruno ont mené des discussions particulières depuis un certain temps qui n'ont pas été rapportées dans le cadre formel et collectif. Elle met le doigt sur les discussions parallèles, secrètes, derrière le dos de l'organisation, qu'ont menées Louise, Peter et Bruno. Dans une discussion informelle avec d'autres membres du SI juste durant cette période, elle va même jusqu'à s'interroger sur les motivations et la "dignité militante" de Bruno suite au "témoignage" de ce dernier à la CI laissant entendre que des questions plus lourdes pourraient se poser quant à ce militant. N'est-ce pas ce même Bruno qui a agressé physiquement le camarade Bernard (cf. le chapitre 18) ? Par la suite, c'est encore Bruno qui multipliera les insultes, les provocations et les menaces physiques contre les opposants et les membres de la fraction].

Lors de la réunion suivante du 29/03/01 à laquelle participent les membres du SE (dont Bruno) afin de préparer une réunion plénière de la CE, Aglaé met en lumière le double langage de ce dernier, son état d'esprit de provocation et d'offensive vis-à-vis de l'organisation. Il ne cache plus sa disposition à utiliser tous les moyens pour paralyser et saboter le SE et le SI d'une part, et pour créer un climat de guérilla et d'affrontements personnalisés permanent :

Aglaé : "on a été surpris que Bruno ait changé de position concernant la question du thérapeute par rapport à Louise, l'idée qu'il fallait consulter un thérapeute. C’est la position que le camarade défendait (…) la veille. [A la réunion du SE, la veille même du SI élargi de mars, Bruno avait défendu la nécessité de prendre l'avis du psy de Louise et, le lendemain, il dit exactement le contraire sans même expliquer ou justifier son changement. Il est clair que, assistant à la réunion du SE, il n'avait pas été mis au courant de la nouvelle disposition "tactique" adoptée par Peter, Louise, Krespel et François la veille au soir. Mais c'est sans vergogne qu'il colle à la position "tactique" de ses amis. On comprend mieux les doutes qui habitent Elise sur le personnage]. Au SI, il a changé de position en pensant que ce n'était plus nécessaire. Dans la discussion, le camarade nous a dit qu'il n'était pas d'accord avec les dispositions prises avec la camarade Louise. Il a expliqué que pour lui la question de la consultation d’un thérapeute n'était pas nécessaire dans la mesure où il y avait la publication des textes. Et dans la discussion, il a expliqué que dans la mesure où il n'était plus d'accord, il ne respecterait plus ces dispositions. Evidemment, cela a pas mal troublé le SE, d’autant que le camarade Bruno nous a dit qu’il avait eu des discussions avec Louise sur des questions de fonctionnement et que cela ne datait pas d’hier."

Bruno : "Dès lors que le SI élargi décidait de publier, je n’ai pas voté contre la demande de voir un thérapeute, je me suis abstenu [L'argument est malhonnête puisque dans la discussion générale, avant la décision donc, Bruno dit le contraire de ce qu'il a défendu la veille. A défaut de respecter la discipline de l'organisation, il respecte complètement celle de ses "amis"]

Sur les discussions que j’ai eues en dehors du cadre officiel. J’ai eu des discussions avec Louise, Peter, François, St aussi [la mention de ST est là pour banaliser le manquement organisationnel et pour minorer le sens "politique" et conspirateur des discussions avec les trois premiers]. Je me suis arrêté de discuter avec Louise à partir du moment où la décision a été prise en novembre. A un moment donné le contexte a changé. La camarade Louise voulait qu’on publie ses textes. Elle voulait discuter. Les dispositions qu’on avait prises se tournaient en leur contraire. J’ai signalé au SE qu'à partir de là je ne m’interdirai pas de discuter à nouveau avec Louise" [C'est-à-dire qu'au mieux, il n’a arrêté les discussions avec Louise que durant le mois de décembre. Un mois].

[Bruno ne dément pas. Certes devant le SI, il est encore sur une certaine réserve qu'il n'a pas au sein du SE. Oui, il est prêt à changer de position comme de chemise, sans aucun principe, sans aucune conviction politique, si la politique immédiate de la faction liquidationniste le nécessite. Oui, il ne respecte pas la discipline organisationnelle, d'abord secrètement quand le rapport de forces l'exige puis ouvertement quand ce dernier s'inverse. Enfin, c'est depuis longtemps que les discussions secrètes et non rapportées se sont tenues avec Louise. Cette revendication du fait qu'il s'arroge le droit de faire sa politique personnelle, en dehors et contre l'avis du SE, ne peut avoir qu'un effet dévastateur et destructeur sur la confiance, la volonté et la conviction militantes des membres du SE ainsi que sur le "tissu", l'ambiance de confiance et de fraternité au sein même du SE, avec les répercussions inévitables que cela a sur le fonctionnement et l’ambiance en section de Paris. Les membres du SE sont alors encore plus déstabilisés avec le sentiment qu'ils ont été trompés depuis longtemps et qu'ils ont été bien naïfs. C'est une provocation supplémentaire qui ne fait que désarmer encore plus les militants, le SE et le… SI]

2 - Le nom de Peter attaché à jamais à la liquidation politique des principes du CCI

La question du statut à la carte de Louise continue à être posée par le SI, en retard de plusieurs coups, alors que cette question est déjà réglée par la CI :

Michel : "Dans les faits, la situation a changé, c'est une situation de militantisme à la carte qui crée une confusion et de fausses interprétations. J’avoue que je ne sais pas trop. D’un côté elle ne veut pas revenir en section de Paris, en même temps elle veut une pleine participation au débat sur l’organisation (texte, amendements etc.), elle travaille pour le journal (c’était une modalité prévue), elle participe à une réunion de section à Toulouse. Il faut clarifier : est-ce qu’on accepte cette situation et dans ce cas, qu’est ce qu’on fait ?"

Bruno : "je pense qu’il faut voir que c'est une étape intermédiaire, il ne faut pas donner un cadre trop précis. Ce n'est pas comme une jambe cassée. Dans les discussions que j’ai eues avec elle, il y a eu des frictions, elle s’emporte facilement. C'est risqué qu'elle revienne dans le cadre des réunions de section. Je pense que la situation n’est pas mûre pour cela. Par contre, il faut qu'elle soit partie prenante dans les activités (…)."

[Toujours et encore cette même politique qui est imposée, sans beaucoup de résistance, de statut particulier de Louise avec les "droits des militants" mais sans les "devoirs des militants". Elle ne reviendra en section de Paris que lorsque Michel et St auront démissionné, que les membres de la fraction seront tous suspendus de réunion de section et que leur exclusion ait été déjà programmée, et que les autres "ex-opposants" auront fait leur mea-culpa clanique et auront politiquement capitulé. Elle ne veut pas rendre de compte à l'organisation, ni même aux militants. Cela aussi est justifié et théorisé depuis lors dans le CCI].

La question de la présentation surprise, sans aucune discussion ouverte au préalable, en commun par Louise, Peter et Bruno d'amendements à la résolution d'activités de la section-Nord a provoqué un certain malaise (un de plus) en section de Paris. Des militants de la section ont protesté contre cette initiative, contre le procédé. Les proches de Louise font tout pour justifier à la fois sa participation au débat non seulement général mais aussi sur la situation de la section qui fait l'objet d'une lutte pour démontrer que le tissu de la section est pourri, et que ses membres se sont ligués contre Louise. D'autre part, ils expliquent qu'elle ne peut pas encore, vu son état de santé, revenir participer aux réunions, c'est-à-dire qu'elle peut porter toutes les accusations qu'elle veut contre la section et ses militants sans possibilité de réponse de ces derniers et sans qu'elle "puisse bénéficier" directement du débat, ni rendre compte de ses propos. On voit là l’hypocrisie de sa lettre du 6/2/01 qui avait le culot d’affirmer qu'elle ne craignait pas la confrontation des divergences. Les militants de la section de Paris sont d'autant plus surpris et désorientés que Louise n'est pas réapparue en réunion de section depuis sa provocation d'octobre et que cela est accepté, semble même approuvé, cautionné, par les organes centraux

Michel : "il faut se demander pourquoi cela apparaît comme cela aux yeux des camarades. Dans le contexte du mandat de la discussion de CO, la question du clanisme n’a pas été tellement développée. Les camarades ne suivent pas tous les méandres des discussions du SI et du SE, et tout d'un coup ils se trouvent face à des amendements en commun de 3 camarades dont une [Louise] qui est hors des activités. Il se posent des questions. Je veux bien dire, "calmons-nous", et préciser que ce n’est pas la FECCI, mais je ne jetterai pas la pierre aux camarades qui font allusion à ce type de comportement. Il faut se mettre dans la peau de camarades qui entendent des bribes [des rumeurs sur le supposé clanisme de la section] et n’ont pas de fil conducteur dans cette discussion. Et c'est vrai que le camarade MC était particulièrement pointilleux sur le sujet, très réticent aux contributions communes dans les discussions. Il aurait pu y avoir de la part des camarades une présentation du pourquoi et du comment de leurs amendements."

Peter : "sur les contributions, oui. Ce qui avait été défendu face à la FECCI : les camarades n’étaient pas d’accord entre eux, et les réunions c’était pour trouver un dénominateur commun car ils n’étaient pas d’accord et cherchaient à s’homogénéiser. Ce qu’on avait dit à l’époque, c’est que le débat se mène publiquement dans l’organisation. On ne constitue pas une tendance sur base d’un ramassis de positions hétéroclites [c'est pourtant exactement ce qu'ils ont fait puisque alors que Peter s'affirmait d'accord avec la politique du SI, en particulier sur le texte sur la confiance de mars 2000, Bruno et Louise étaient contre. Et sans poser cela "publiquement dans l'organisation"]. L’autre question : celle des amendements. pas souhaitable qu’il y ait trois amendements qui disent des choses assez proches, car ils seront minoritaires à la minorité relative. Façon de faire passer la position majoritaire à tous les coups. Point 50 des statuts : l’idée de proposer des amendements en commun... Texte écrit de Louise, on partageait, [sur le] tissu organisationnel de la section-nord [Ils étaient d'accord avec le texte de Louise sur la question du tissu organisationnel pourri à Paris]. Indépendamment de l’aspect du clanisme. Long amendement qui est une explication".

C'est encore ici une transgression de l'esprit et de la position du CCI et de la Gauche communiste sur le débat politique. Peter ne conçoit le débat que comme un rapport de forces immédiat pour être majoritaire, formellement majoritaire en fait. Il substitue à la conception du débat, et donc de la présentation individuelle ou collective d'amendements dans ce cas, ouvert en vue de la clarification politique collective, une vision immédiatiste de gain de la majorité sans aucun souci de la clarification du débat. C'est à la fois une vision non collective du débat politique prolétarien, une vision de rapport de forces pour la "majorité formelle", pour "le pouvoir" en fait, qui ouvre la porte à toutes les manœuvres et magouilles opportunistes. C'est là une vision qui trahit complètement la position programmatique et la tradition du CCI.

Peter présente là ce qui va être sa politique de coups, de scandales, de provocations, de pressions psychologiques, de chantages sur les militants, et de mensonges éhontés dans les mois qui viennent pour accomplir et réaliser sa "prise du pouvoir" sur le CCI. Il gagnera cette bataille mais il y perdra - définitivement sans doute - sa "réputation" de militant communiste auquel il tient tant. Et plus important encore ses convictions et sa conscience politiques passées.

Outre le doute définitif sur l'honneur militant de sa femme Louise dont il est le premier responsable, son nom restera à jamais attaché à la trahison des principes organisationnels du CCI et à sa liquidation politique, à terme à sa sclérose et sectarisation.

3 - Les provocations vis-à-vis des militants : le cas Juan

Nous avons vu dans différents chapitres de cette histoire, comment une politique systématique d'attaques personnelles, de calomnies, de rumeur, s'était développée vis-à-vis des membres du SE et de certains membres du SI - Michel "le stalinien qui veut la séparation du couple" et Olivier comme délégué du SI dans le SE - visant d'une part à les discréditer et d'autre part à affaiblir leur conviction et leur confiance en eux. Cette politique a en fait été systématique. Au sein du SI depuis janvier, Jonas et Juan se sont retrouvés parmi les membres du BI les plus déterminés - même si ce fut largement insuffisant - pour s'opposer aux manquements de Louise et Peter et pour défendre ouvertement la politique du SI. Jonas s'est retiré et ne participera qu'à quelques réunions du SI jusqu’au congrès. D'autre part, sa réputation, son sérieux et son "autorité" politiques n'ont pas encore été l'objet d'attaques. Pour sa part, Juan est plus fragile de ce point de vue. D'une part, il apparaît de plus en plus en pointe depuis son texte sur Quelques réflexions sur le militantisme communiste, et ses interventions, orales et surtout écrites dans le bulletin, sont parmi les plus fermes en posant ouvertement et franchement la polémique avec Peter et Louise. A ce moment là, Jonas et lui, à un degré moindre Olivier aussi, apparaissent comme les plus disposés à ouvrir et à assumer le débat et la confrontation politiques. Commence alors une campagne dans les couloirs contre Juan et une politique de provocation à son égard par Peter au sein du SI qui a commencé avec la Mise au point sur son texte.

SI du 22/03/01

Juan : "suite au SI élargi, [j'ai eu une] discussion informelle avec David [Allemagne] le dimanche : il m’a reproché d’avoir une attitude de «pitbull». Ca me pose une question : il ne m’a pas semblé que mes interventions au SI élargi étaient agressives. Pourquoi le camarade David a posé cela ? Je pense que ce sont les visites de Peter en Allemagne (…). Toutes ces petites escarmouches tendent à jeter le trouble sur les raisons de notre politique et évitent de répondre aux vraies questions qui sont posées pour le CCI en général et au camarade Peter en particulier (…). Donc je dirais un SI élargi qui me semble positif [quelle erreur !] mais qui montrait quand même une certaine hétérogénéité sur le moment politique où nous nous trouvons, avec des camarades influencés par Peter qui se focalisent sur des questions d’ "ambiance", de "se calmer" qui ne sont pas le fond de la question."

Peter : "Pour répondre à Juan sur les commentaires de David, je n’ai absolument pas discuté avec David sur ces questions lors de mes séjours. Je n’ai pas prononcé un mot sur les questions "critiques". David a pris connaissance des textes pour le BII 280 avant le SI élargi [Peter le sait car David a logé… chez lui la veille au soir du SI élargi. Le bulletin n'est pas encore distribué aux militants]. Il faut rapporter que David a trouvé qu’il y avait des textes inacceptables dans le BII 280 [visiblement David a été averti des pages, parmi 70 ou 80, qu'il convenait de lire, et sans doute aussi comment les lire]. Moi j’ai déjà dit qu’il ne fallait pas publier le premier texte [il connaît donc le texte qui serait inacceptable… aux yeux de David]. A mon avis, c’est cela, et sûrement pas les discussions avec David car il n’y a eu aucune discussion là-dessus [Tout en niant avoir discuté avec David, Peter confirme que lui - ou Louise ? - partage l'opinion de David. Comment le sait-il s'il n'en a pas discuté avec lui ?]

Le SI du 3/4/01

Durant cette période les retards de Peter aux réunions du SI continuent au même rythme que précédemment. Il est évident que, déjà difficile pour les autres camarades et facteur de tensions en temps normal, ce comportement de Peter ne fait qu'aviver encore plus la tension au sein du SI. Ce jour-là, Peter arrive à 22 heures 30 car il a dû… garder sa fille âgée de 16 ans. Pour sa part, Juan se lève à 5 heures du matin. Et non content d'arriver en retard, Peter rajoute systématiquement à la fin de l'ordre du jour vers 1 heure ou 2 heures du matin de nouvelles questions. Juan est en charge de l'éditorial de la Revue internationale 105 et voudrait que ce soit discuté en priorité pour éventuellement rentrer chez lui avant la fin de la réunion. Malgré cela, la discussion s'engage sur le rapport d'activités et Peter est parti, à 11h, pour une longue intervention dont il a le secret.

Voici le passage entier des notes :

Juan signale qu’il part dans un quart d’heure parce qu'il se lève à 5 h. du matin.

Elise dit qu’on peut parler de l’éditorial.

Juan : "c’est ce que j’avais proposé."

Elise : "allez, on passe à l’éditorial".

Peter : "je trouve que l’attitude de Juan est scandaleuse. On prépare un Congrès !"

Juan : [colère de Juan] "C’est toi qui es scandaleux. Tu arrives très tard aux réunions. Moi aussi j’ai une vie, moi je me lève à 5 heures et demi. Tu arrives toujours en retard et tu trouves quelque chose à dire".

Michel et Elise : "on se calme".

Peter : "je veux que ce soit pris en note."

Juan : "oui tout à fait"

Juan veut s’en aller. On lui dit de s’asseoir. On passe à l’éditorial… (…) Juan rentre chez lui (1h20)".

Le SI du 26/4/01

Les attaques contre Juan vont continuer. C'est Louise à son tour qui s'y attelle dans une "contribution" dans laquelle elle l'accuse d'être à l'origine de nombreux incidents imaginaires en réunions alors qu'elle est absente depuis octobre… et qu'aucun membre de la section de Paris n'a relevé. Peter exige que le texte soit publié dans le prochain bulletin dont le sommaire est déjà établi.

Juan : "demande dans ce cas de faire une réponse dans le même BII, car il [Juan] est accusé personnellement, il y a toute une série de mensonges. Ca fait partie de toute une attitude de provocation à l'égard de différents camarades : il y a eu les campagnes délibérées contre Olivier comme mauvais délégué du SE, il y a eu la campagne électorale pour Bruno au SI élargi [Peter a mené une véritable campagne électorale durant des mois, puis au SI élargi de mars - au grand étonnement des participants pas habitués à ce type de pratiques dignes des jeux politiques bourgeois - pour que Bruno soit le nouveau délégué du SI dans le SE à la place d'Olivier]  ; il y a eu plusieurs provocations envers Jonas ; envers Michel on n'en parle pas, car lui c'est le clan-pavillon ad vitam aeternam, et le gourou ! et il y a eu plusieurs provocations à mon égard, sur la Mise au point, l'autre jour au SI lorsque j'ai fait remarquer qu'il était tard et que je me levais le matin. Et maintenant, le texte de Louise où on me prête d'avoir participé à "plusieurs incidents" en section de Paris. C'est une campagne contre les camarades individuellement."

En fait, ces campagnes et ses réputations que l'on forge vont finir par être à la fois acceptées comme des faits avérés par la suite, après le congrès, et vont devenir des arguments politiques pour convaincre de la dynamique "clanique et fanatique" de l'ancienne majorité du SI. Le fait que de telles campagnes de calomnies, dont l'origine remonte parfois à plusieurs années pour quelqu'un comme Michel (cf. en particulier le chapitre 8) aient pu aussi rapidement se développer et emporter l'acceptation passive des militants - et sans doute "convaincre" ceux qui voulaient bien l'être - contre des militants régulièrement nommés aux organes centraux depuis plusieurs décennies à l'unanimité, pose la question de l'état de faiblesse dans lequel le CCI et la grande majorité de ses militants étaient déjà tombés - nous compris bien évidemment.

Et ces campagnes vont servir à monter les plus grosses provocations et mensonges contre les militants qui en sont l'objet et qui refuseront de capituler. Juan en sera la victime la plus caricaturale dès septembre.


Notes:

1 . La première partie de ce texte qui a été adopté par les membres européens du BI avant même qu'il ne soit complètement rédigé et encore moins lu (SI mensuel de juin 2001), a finalement été publié dans laRevue internationale 111. Il est vraiment regrettable et troublant que ce texte pour le moins "innovant" et qu'une majorité de membres du BI avait immédiatement salué comme "excellent, brillant, représentant un apport théorique de premier ordre"ne soit pas disponible sur le site internet du CCI.


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