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Réponse de la fraction au CCI
concernant notre participation au congrès international

Chaque membre de notre fraction vient de recevoir une lettre [1] de l'OC actuel du CCI dans laquelle celui-ci semble accorder à tous la possibilité de faire appel des décisions qui ont été prises à notre détriment. Faut-il penser que, par cette démarche, le CCI abandonne sa politique 'liquidatrice' à notre égard ?

Voyons cela de plus près.

1) contrairement à ce que laisse entendre son courrier, ce n'est en aucune manière le CCI qui a pris l'initiative de poser le problème de notre 'recours' face au congrès international. Voilà déjà quelques mois que, dans plusieurs de nos bulletins, nous interpellons tous les militants du CCI à ce sujet et nous publions des textes explicitement destinés à cette échéance.

Notre dernier bulletin, le numéro 15 paru en janvier 2003, contient notamment notre 'Adresse à tous les militants du CCI' qui affirme clairement :

'Nous demandons à participer au prochain congrès international de notre organisation, conformément à la lettre et à l'esprit des statuts.

Nous demandons de pouvoir défendre notre point de vue politique face à notre organisation réunie en congrès, conformément à la tradition du mouvement ouvrier.'

Nous avons également envoyé récemment à l'OC du CCI plusieurs courriers afin de préparer concrètement notre participation au prochain congrès.

Aujourd'hui, l'OC du CCI nous répond enfin parce qu'il ne peut pas faire autrement, parce qu'il ne peut ignorer plus longtemps nos multiples sollicitations et rappel des règles et statuts de l'organisation.

2) Le CCI actuel permet donc à chacun d'entre nous de 'faire appel'. Signalons simplement que cette possibilité est accordée dans le cas de militants qui ont subi une décision organisationnelle, en l'occurrence une exclusion, avec laquelle ils sont en désaccord. Or, les membres de notre fraction, comme le CCI essai de le faire croire depuis près d'un an, se seraient de leur propre initiative 'mis en dehors de l'organisation'.

Nous prenons donc acte, et tout le monde peut le faire avec nous, du fait que, par sa démarche, le CCI reconnaît nous avoir exclus.

3) A travers son courrier, le CCI actuel veut laisser à penser qu'il est prêt à discuter avec nous ; et pour assurer de ses bonnes intentions, il ne met en avant 'aucune condition'.

En réalité, comme nous l'avons déjà fait remarquer précédemment et à plusieurs reprises (notamment à travers notre communiqué intitulé 'Assez d'hypocrisie' paru dans le bulletin n°14), il ne propose de le faire qu'avec chacun d'entre nous, pris individuellement, séparé des autres et non avec la fraction en tant que collectif. Cela n'a qu'une seule signification : il n'est pas dans ses intentions de discuter des questions politiques et organisationnelles que nous posons, comme fraction, depuis le début de la crise (et même avant) ; mais, en cherchant à nous placer sur le terrain de la 'discussion' avec chacun d'entre nous pris individuellement, il espère nous ramener et nous piéger sur le terrain 'organisatif', 'administratif', 'disciplinaire' que nous avons toujours refusé et organiser ainsi le procès de chacun de nous.

Pour nous, une discussion directe et loyale avec le CCI d'aujourd'hui ne peut se concevoir qu'en tant que fraction. Donc, si le CCI n'a aucune arrière pensée avec sa démarche actuelle, qu'il reconnaisse préalablement (avant le congrès) et publiquement (dans tous ses organes de presse) notre fraction.

4) Bien qu'affirmant écarter toute condition à notre participation (individuelle) au congrès, le CCI nous demande quand même de reconnaître nos prétendues dernières 'fautes' (nous aurions fait le jeu des services de police en révélant publiquement des dates et des noms). Cette requête est déjà en soi ridicule et stupide. Mais elle l'est d'autant plus que le CCI oublie que si certains ont, ces dernières années, bien mis en danger l'organisation, ce sont avant tout ceux qui, par exemple, lors des étés 1996 puis 1997, de façon irresponsable et criminelle, ont donné l'opportunité à l'Etat bourgeois et à ses huissiers de faire main basse sur des documents de l'organisation ; ceux qui, au lendemain de notre 14ème congrès, ont, de façon cachée pour l'organisation mais de façon ouverte pour les services spécialisés de plusieurs Etats bourgeois, multiplié les coups de téléphone et autres mails en direction des membres du BI, faisant ainsi étalage d'informations de première importance concernant l'organisation. Leur seule préoccupation était alors d'asseoir définitivement leur politique 'liquidationniste'.

Jamais le CCI n'avait été autant mis en danger par des militants et cela sans la moindre réaction de l'organisation. Au contraire, ces militants ont, depuis, été approuvés et salués pour leur prétendue 'clairvoyance politique'.

Là encore, nous appelons le CCI actuel à cesser toute manoeuvre et hypocrisie. Il doit le faire d'autant plus que la 'méthode' (la politique du 'scandale') qu'il utilise à notre encontre est éventée. Depuis le début de la crise, chaque acte de la fraction lui est l'occasion de hurler à la 'faute grave' et de lancer contre nous une nouvelle condamnation publique. Nous avons ainsi été, entre autres, 'le pire clan', 'une secte nazie', 'des voleurs d'archives et d'argent de l'organisation' et aujourd'hui 'des suppôts de l'Etat bourgeois'.

Chacune des prétendues 'fautes' a été évidemment le prétexte pour nous sanctionner et nous écarter de notre organisation. Mais ce qui est significatif de l'hypocrisie et de la malhonnêteté de cette 'méthode' c'est que chaque nouvelle accusation a chassé la précédente : aujourd'hui, nous sommes seulement des 'auxiliaires de la préfecture de police'. Quand bien même, on est en droit de se demander quelle est cette 'cohérence' qui amène le CCI à nous accorder la possibilité de faire appel !

Cette 'cohérence' s'exprime encore plus clairement quand l'organe central actuel du CCI fait la même démarche auprès de celui qui est considéré comme « le pire d'entre tous », notre camarade Jonas.

Là, on peut dire que c'est le pompon ! On peut se demander, en effet, si la proposition qui est faite à Jonas est un signe de courage ou de stupidité politique. Il n'en reste pas moins que, par cette démarche, les « liquidationnistes » qui dirigent aujourd'hui le CCI reconnaissent implicitement leur félonie vis-à-vis de notre camarade, celle qui a consisté à l'accuser de façon scandaleuse d'être quasiment un flic et à le dénoncer comme tel publiquement.

Mais que signifie cette possibilité qui est faite aujourd'hui à Jonas de présenter « sa défense » alors que la sentence a été prononcée et exécutée voilà plus d'un an ?

De deux choses l'une :

- soit le CCI veut réellement et sincèrement entendre notre camarade (donc éventuellement lui rendre raison) ; dans ce cas, sa démarche n'a de valeur que s'il retire préalablement et publiquement, notamment dans sa presse, toutes ces accusations et s'engage à sanctionner les responsables (le BI ? les liquidationnistes ?) de la félonie ;

- soit le CCI, comme il nous y a habitué depuis plus d'un an, n'a aucune intention honnête et il s'agit, encore une fois, d'une manoeuvre, d'un piège dans lequel il cherche à attirer Jonas (une tentative de justifier, après coup et en y « mettant les formes », sa condamnation crapuleuse) et, à travers lui, la fraction.

La volonté qu'a notre fraction de défendre ses positions et de mener le combat politique au sein du CCI ne peut aujourd'hui faire aucun doute. C'est en ce sens que nous tenons aussi notamment, à participer à son prochain Congrès international.

Par contre, malgré leur démarche actuelle, nous ne sommes pas certains que ceux qui dirigent aujourd'hui le CCI aient la même préoccupation. S'ils veulent vraiment discuter avec nous, qu'ils reconnaissent préalablement notre fraction. S'ils veulent sincèrement et « sans condition » nous entendre, qu'ils retirent publiquement toutes les accusations mensongères qu'ils ont colportées contre nous tous, et plus particulièrement contre Jonas.

Le 12 février 2003


Note

[1] Lettres reçus:

Du SI/CCI

A : [chaque un de nous]

lundi 3 février 2003

La Conférence Extraordinaire du CCI de mars/avril 2002 a pris acte du fait que:

-en refusant de respecter les statuts du CCI (notamment par ton refus de t'acquitter de tes cotisations),

-en refusant de respecter les décisions de la majorité de l'organisation exprimées par son organe central,

-en refusant de t'engager sur l'indispensable discrétion que l'organisation exige de ses militants vis-à-vis de l'extérieur,

tu t'es mis toi-même en dehors du CCI et que tu ne pourras plus être considéré comme membre de l'organisation.

Dans le cas d'un désaccord avec une décision d'une instance de l'organisation, tout militant a le droit de faire appel contre cette décision devant l'instance souveraine du CCI : son Congrès International.

Dans le cadre de la préparation du prochain congrès, et afin que nous puissions prendre les dispositions nécessaires, nous te demandons de nous faire savoir si oui ou non tu souhaites faire appel devant le Congrès des décisions du BI et de la Conférence te concernant.

Nous ne fixons aucune condition à ta présence au Congrès pour y présenter un éventuel recours, à l'exception d'une seule : étant donné la décision de la 'fraction' de livrer à la police des cinqs continents la date de notre conférence au Mexique, nous te demandons seulement de signer un engagement de ne rien livrer u public quant au déroulement du Congrès (ordre du jour, lieux et dates, etc), avant que celui-ci n'ait eu lieu. Nous te signalons également que les éventuels frais de déplacement seront à ta charge.

Nous te demandons de nous faire part de ta décision, par écrit, avant le 22 février.

Nous pensons également qu'il serait intéressant pour le Congrès – et étant donné la déclaration de la 'fraction' affirmant qu'elle est 'toujours restée sur le terrain strictement politique' – que tu te positionnes sur les questions suivantes (sans, évidemment, que ceci n'influe sur ta venue au Congrès) :

- Quel est l'intérêt 'strictement politique' de livrer la date de notre conférence au Mexique à la police via le site Internet de la 'fraction' ?

- Quel est l'intérêt 'strictement politique' de livrer les initiales véritables d'un de nos militants – dénoncé comme le 'véritable chef' du CCI – sur le site Internet de la 'fraction' ?

- Est-ce que oui ou non une telle publicité fait le jeu de la police ?

Au moment d'écrire cette lettre, nous avons pris connaissance du n°15 du 'bulletin' où la 'fraction' demande de participer au congrès. Nous n'avons pas l'intention ici d'y répondre en détail. Nous devons néanmoins faire remarquer que ce texte révèle une vision bien particulière de l'organisation du CCI. Passons sur l'idée pour le moins saugrenue que quelqu'un qui a démissionné depuis plus d'un an devrait présider le congrès de l'organisation. Nous voulons simplement rappeler qu'aucune réunion de l'organisation n'est présidée par un seul individu, et en plus qu'il revient au Congrès lui-même de désigner son présidium.

Il n'est pas clair non plus si ce texte demande également la participation au Congrès de tous les éléments que la 'fraction' aurait intégré, et dont nous ne connaissons ni les origines, ni même les noms. Il va de soi – mais rappelons-le tout de même – qu'une 'intégration' dans la 'fraction' ne vaut pas intégration dans le CCI.

Le SI


Du SI/CCI

A : Jonas

Paris, le lundi 3 février 2003

La Conférence Extraordinaire su CCI de mars/avril 2002 a confirmé la décision du BI Plénier de janvier 2002 de t'exclure de l'organisation, pour des comportements indignes d'un militant communiste.

Selon nos statuts, il te reste la possibilité de faire appel contre cette décision devant l'instance souveraine de l'organisation: son Congrès International.

Dans le cadre de la préparation du prochain Congrès International, nous te demandons donc de nous indiquer si oui ou non tu désire faire appel devant le Congrès des décisions de l'organe central et de la Conférence Extraordinaire te concernant. Dans ce cas, nous te demandons de nous faire part de ta décision avant le 22 février.

Nous ne fixons aucune condition à ta présence au Congrès pour y présenter un éventuel recours, à l'exception d'une seule : étant donné la décision de la 'fraction' de livrer à la police des cinqs continents la date de notre conférence au Mexique, nous te demandons seulement de signer un engagement de ne rien livrer au public quant au déroulement du Congrès (ordre du jour, lieux et dates, etc), avant que celui-ci n'ait eu lieu. Nous te signalons également que les éventuels frais de déplacement seront à ta charge.

Le SI


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